Mars 2014
45 €
112 pages
193 x 300 mm
On Board
Préface de Laurent Rigoulet
« Les trains américains sont lents et permettent de voir venir, les décors apparaissent, disparaissent, le hasard a sa place, les images sont fragiles et furtives, la vitesse leur donne un aspect diffus. Je deviens spectateur, comme si je photographiais pendant un travelling interminable. »
Jérôme Brézillon

Disparu prématurément en 2012, Jérôme Brézillon laisse une œuvre photographique inachevée, construite essentiellement en Amérique, territoire de perspectives et de souffle pour un homme épris des grands espaces tel que lui. C’est l'Amérique des grands mythes fondateurs, des autoroutes interminables et des motels sans qualités, une Amérique sillonnée et photographiée à bord des trains que l’on retrouve dans cette série magnifique.

Si le regard de Jérôme Brézillon est nourri de l'œuvre de William Eggleston, de Stephen Shore, de Joël Sternfeld, ou de Walker Evans, on devine néanmoins une quête d’évasion toute personnelle, fuyant le spectaculaire et guettant avec une patience de sioux « l’image juste », qui lui parle en secret.

Depuis son adolescence, comme Kerouac, Brézillon avait le sentiment qu'un peu de la « vraie vie » se jouait là. Et comme Kerouac, il s'accommodait à merveille de la part de flou, de mystère irrésolu qu'il y avait dans cette quête : « des types partant à la recherche de quelque chose qu'ils ne trouvent pas vraiment, se perdant eux-mêmes sur la route, et accomplissant tout le chemin du retour avec l'espoir d'autre chose ».

À travers ses images, Jérôme Brézillon restitue le silence immense et envoûtant des vastes paysages enfouis sous la neige et les lumières diaphanes des routes d’où l’homme est étrangement absent, traverse les quartiers délavés et les bicoques rouillées, croise les vies engourdies derrière les fenêtres. Pour un peu on entendrait Johnny Cash chanter…

• Exposition à La Filature (Mulhouse) du 11 mars au 7 mai 2014 puis à la Galerie Sit Down (Paris) du 20 mai au 12 juillet 2014.
• Lancement du livre au BAL (Paris) début mars, lieu incontournable de la photographie.

Photoreporter, Jérôme Brézillon s’est très tôt intéressé aux États-Unis et a réalisé des reportages sur les «couloirs de la mort», Bruce Springsteen ou les tribus amérindiennes. Il a collaboré avec de nombreux journaux, dont Libération, Les Inrockuptibles, Télérama, Géo. Il a été le photographe de plateau de Serge Gainsbourg, vie héroïque de Joann Sfar et a publié Stand art life (Trans Photographic Press, 2004).